Thérapie brève intégrative

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Il existe aujourd’hui plusieurs centaines de psychothérapies différentes. Des pratiques sont réservées à certains professionnels, d’autres sont ouvertes à qui désire s’y former. Cette pluralité est une richesse. Elle permet  chez le thérapeute disponible aux multiples découvertes et expériences l’émergence d’une pratique nommée approche intégrative : des techniques diverses et variées, d’origines multiples, réunies dans une approche globale et cohérente, sorte de « meta thérapie ».

Les thérapies brèves participent de ce phénomène, voyant leurs frontières se perméabiliser. Les clivages originels se gomment peu à peu. Bandler, créateur de la Programmation neuro-linguistique intitule son dernier livre Transe-formations, référence à l’origine ericksonienne de la pratique. O’Hanlon avec Hypnose orientée solutions  établit un pont entre hypnose et thérapie orientée solutions. Les théoriciens de la thérapie stratégique, surnomment leur approche « hypnose sans hypnose » et ont généré l’approche systémique que nous connaissons aujourd’hui. Tout se passe un peu comme si ces thérapies d’influence ericksonienne, après une période d’autonomisation, faisait un retour au source pour s’intégrer dans une démarche globale. Aux frontières de cet univers, on trouve les thérapies psycho-corporelles, mais également les thérapies cognitives et comportementales sortes de cousines plus ou moins éloignées, car alternatives ou bien institutionnelles.

Cette pluralité, intégrée dans une «meta pratique» apporte une richesse d’intervention sans équivalent. Cet exposé est là pour en présenter les divers aspects.

J. Guyotat définit ainsi la psychothérapie : «On regroupe sous la dénomination de psychothérapie l’ensemble des moyens psychologiques qui peuvent être mis en œuvre dans un but thérapeutique ». Cette citation précise le cadre d’une thérapie : elle ne constitue pas en une théorie mais plutôt en la mise en place de techniques de changement ou d’évolution. Elle permet en d’autres termes de se donner les moyens du bien-être. Ce sont ces ressources résolument concrètes et pratiques qui sont abordées ici.

Les différentes cibles de la thérapie vont témoigner de la pluralité et du nécessaire statut opérationnel de l’intervention thérapeutique. Ces territoires d’intervention en constante interaction, sont au nombre de 5 :

1.      Système (familial, social)

2.      Cognitions

3.      Sensations

4.      Emotions

5.      Comportements

La thérapie brève intégrative pourra intervenir de multiples façons sur ces différents territoires :

  APPROCHES
  HE PNL TOS TS TCC TPC
C
I
B
L
E
S
1. Système     x x    
2. Cognitions   x     x  
3. Sensations x x     x x
4. Emotions x x       x
5. Comportements     x x x  

HE = hypnose ericksonienne

PNL = programmation neuro-linguistique

TOS = thérapie orientée solutions

TS = thérapie stratégique

TCC = thérapie comportementale et cognitive

TPC = thérapies psycho-corporelles

 

Ces pages vous présentent le cadre théorique et technique d’une thérapie brève intégrative, opérationnelle et efficiente.

ELEMENTS DU PROCESSUS

Issu d’un modèle intégratif des thérapies brèves, le processus développé ici pourrait être décrit comme suit :

schematb

Pour illustrer le schéma précédent à travers un exemple, une personne souffrant d’agoraphobie dans un supermarché, va sentir son cœur s’emballer (Expérience sensorielle), elle va penser « je vais faire une crise cardiaque » (Croyance) et va avoir peur de mourir (Perceptions/Emotions). Le cœur va battre encore plus fort, accentuant la croyance et l’émotion dans un système interne qui s’auto-valide et se renforce. La personne va ensuite sortir en courant du supermarché (Action/ comportement), confirmant ainsi la dangerosité de l’endroit et son incapacité à gérer la situation. Une fois rentré chez elle, son conjoint va lui dire : « Ne t’inquiète pas la prochaine fois je t’accompagne » (Réaction), renforçant ainsi dans un système externe l’idée qu’elle est fragile, vulnérable et ne peut faire face seule à la situation.

En fonction de la personne et de ses caractéristiques, le trouble anxieux sera donc observé et remis en cause à différents niveaux, tous en interaction :

  • Ce qui est pensé : représentations mentales, croyances et images.

  • Ce qui est ressenti : perceptions, émotions.

  • Ce qui est senti : expérience sensorielle, psycho-corporelle.

  • Ce qui est fait et comment l’extérieur réagit : interaction (action-réaction).

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RESSOURCES D’UNE THERAPIE BREVE INTEGRATIVE

Voici un panorama des approches thérapeutiques pouvant se révéler pertinentes et utiles dans le cadre de telle ou telle problématique.

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I. Thérapie cognitive / thérapie du bon sens

La thérapie cognitive s’installe peu à peu à partir des années 60, avec T. Beck. Travaillant originellement sur la dépression, il relève l’existence de blocages cognitifs au changement : pensées automatiques, dialogue intérieur… A partir de ce constat va se mettre en place un modèle cognitif, adaptable notamment aux troubles anxieux.

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Chaque être humain vit des situations. Ces situations sont interprétées par l’intermédiaire de pensées (auto-verbalisations) ou d’images mentales (dialogue intérieur). De ces pensées, croyances et représentations mentales dépendront l’humeur et le comportement de l’individu. 

Le système cognitivo-comportemental de l’individu pourrait donc être représenté comme suit : 

Les thérapies cognitives et comportementales étudient ce système, mettent en valeur des disfonctionnements ou distorsions au niveau cognitif (pensées, …). L’approche cognitive a pour but de  restructurer ces schémas.

Les différents types de distorsions cognitives, de pensées dysfonctionnelles sont identifiés, définis et expliqués afin de pouvoir ensuite les remettre en cause, les modifier ou les éliminer et permettre ainsi de nouveaux comportements plus adaptés.

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II. Thérapie comportementale / Faire autrement

Associée ou non à une thérapie cognitive, la thérapie comportementale est construite sur le modèle de l’apprentissage, du conditionnement plus particulièrement. Il s’agit de mettre en place un nouvel apprentissage à la place d’un ancien, non-adapté au bien-être.

Une des techniques les plus répandue et relativement significative du comportementalisme, utilisée d’ailleurs dans le traitement de l’anxiété, est la désensibilisation systématique : on expose le sujet au stimulus anxiogène afin qu’il s’habitue, apprenne progressivement une nouvelle réponse.

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III. Hypnose ericksonienne / Mobiliser l’inconscient

consinconscL’hypnose ericksonienne s’appuie initialement sur les travaux et l’influence importante de Milton Erickson (1901-1980), psychiatre américain et père talentueux de la thérapie brève moderne.

L’hypnose ericksonienne est non-directive, s’adapte à chaque individu, respecte sa vision du monde, son système de perception, ses différents fonctionnements internes etc…

L’hypnose permet au sujet de mobiliser son inconscient pour remettre en cause des fonctionnements ou mobiliser des ressources jusque là inaccessibles.

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IV. Programmation neuro-linguistique/ Nouveaux programmes

– Programmation : tout au long de notre vie, nous programmons des façons d’être, de penser, de se comporter en fonction de ce nous vivons (expériences), rencontrons (modèles). Chaque action peut être présentée comme un programme (de réussite, d’échec etc…). Ainsi, face à une situation identique, plusieurs personnes vont mettre en place des programmes différents car personnels. Tout programme peut être décodé pour être ensuite rendu plus performant ou adapté au bien-être, par exemple.

– Neuro : cette capacité à mettre en place des programmes personnels repose sur nos capacités neurologiques. Cerveau, système nerveux, sens nous permettent d’appréhender le monde extérieur, de percevoir, stocker et organiser l’information à notre manière et de mettre en place telle ou telle réponse en fonction ce qui se passe autour de nous, ce qu’on appelle fonction associative (association stimulus-réponse).

– Linguistique : langage verbal et non-verbal consituent le révélateur essentiel de ces fonctionnements internes. Tout est communication, et produit les informations qui reflètent cette manière personnelle de se représenter et d’appréhender le monde.

La PNL permet donc par la communication de mobiliser la neurologie du sujet afin de programmer de nouvelles manières de vivre et/ou de percevoir la réalité.

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V. Orientation solutions / Changer de point de vue

Inspirée des travaux sur la communication de Bateson ou Weakland, de l’approche psychothérapeutique de Milotn Erickson, l’approche orientée solutions est une approche inductive qui s’oriente vers ce qui est utile et générateur de solutions. En d’autres termes, alors que traditionnellement, une démarche de changement se penche sur les problèmes à résoudre, cette approche va se centrer sur les solutions à mettre en place : plutôt que « Pourquoi est-ce que ça va mal ? », le questionnement va être : « Comment faire pour aller mieux ? ».

L’approche orientée vers les solutions s’appuie sur ce qui fonctionne, donne le pouvoir au client.

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V. Thérapie systémique et stratégique / l’individu en inter-action

Comme l’écrit P. Watzlawick, l’approche stratégique est « une école de pensée qui étudie « comment » les êtres humains se rapportent à la réalité, ou, mieux, comment chacun de nous entre en relation avec soi-même, avec les autres et avec le monde ».

Tout comportement, adapté ou non au bien-être est alors « le produit d’une relation active entre nous-mêmes et ce que nous vivons ». Toute personne vivant des difficultés souffre de sa relation au monde. Le centre de l’attention est alors l’individu en interaction. Une intervention est alors nécessairement systémique.

Autre particularité de l’approche stratégique (et plus généralement des thérapie brèves d’inspiration ericksonienne) : le thérapeute s’intéresse au « comment » plutôt qu’au « pourquoi » (central par exemple en psychanalyse). On s’intéresse ici au processus menant à la problématique (le rapport à la réalité et les tentatives de solutions mises en œuvre), plutôt qu’au contenu (la réalité elle-même).

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VI. Techniques psycho-corporelles / Eduquer sa conscience

Les techniques psycho-corporelles proposent des méthodes d’étude et de développement de la conscience, la conscience étant ici la « connaissance immédiate que chacun possède de son existence, de ses actes et du monde extérieur ».

En élargissant la perception par l’individu des éléments physiques et psychologiques qui le définissent, elles favorisent l’expression de tout son potentiel, permettent d’harmoniser l’être avec son existence, d’épanouir sa personnalité dans sa globalité et de contrôler la régulation de son fonctionnement corporel et psychique.

Il est question  d’épanouissement personnel, d’équilibre, de connaissance et de maîtrise de soi : en développant toutes ses potentialités, l’individu élargit son champ de conscience, c’est à dire la manière de s’appréhender et d’appréhender le monde.


Il s’agit donc de développement personnel, d’outils existentiels à but pédagogique, thérapeutique ou prophylactique.

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VII. EMDR / Ré-encoder le réel

Issue de l’hypnose et de la PNL, l’EMDR est un outil de désactivation émotionnelle. Les images, les perceptions et les souvenirs qui étaient codés négativement dans le cerveau émotionnel sont littéralement «ré-encodés» et perdent de leur intensité.

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J. Boutillier, enseignant en Hypnose et thérapies brèves à l’INCTB

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In : Thérapies

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