Fibromyalgie et rythmes

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Le scénario (ou stratégie pour déstructurer ses cycles naturels) peut être décrit comme suit, en quatre phases :

fibrom1) Il est temps de faire une pause : le corps et l’esprit rappellent gentiment qu’il y a un besoin de faire une pause.

Cela se matérialise à travers différentes manifestations :

– Besoin d’étirer ses muscles, de se dégourdir, de s’arrêter. – On hésite, on remet les tâches à plus tard, on se sent plus ou moins incapable de continuer ce qu’on était en train de faire. – On sent que le corps se crispe et se fatigue. – On a faim, envie daller aux toilettes… – On est dans la lune, on se laisse distraire, on a beaucoup de mal à se concentrer. – On peut être déprimé ou vulnérable. – On rêvasse, on peut avoir des fantasmes divers. – On a des problèmes de mémoire, on n’arrive pas à se rappeler de ce qu’on a sur le bout de la langue. – On commet des fautes (d’inattention, de frappe, d’orthographe…) – On ne donne plus son plein rendement.

A ce moment là, selon le contexte et de nombreux autres facteurs, deux options vont se présenter :

– Cet ensemble de manifestations mène une partie de la population humaine à s’arrêter : le système nerveux va se rééquilibrer, les toxines s’éliminer, l’esprit trier et ordonner et comprendre autrement les informations. Bref, le sujet récupère, élimine, trie, classe et comprend.

– Une autre partie de la population ne s’arrête pas, mais continue : obsédé par la tâche à accomplir par exemple, le sujet ne remarque pas les premiers signes ou alors se force à continuer. Déjà, quelque chose a changé, dans le système limbique-hypothalamique, les molécules envoient des signaux d’alarmes un peu partout.

Le pêcheur mexicain

Au bord de l’eau dans un petit village côtier mexicain, un bateau rentre au port, ramenant plusieurs thons. L’Américain complimente le pêcheur mexicain sur la qualité de ses poissons et lui demande combien de temps il lui a fallu pour les capturer : »  » Pas très longtemps « , répond le Mexicain.  » Mais alors, pourquoi n’êtes-vous pas resté en mer plus longtemps pour en attraper plus?  » demande l’Américain. Le Mexicain répond que ces quelques poissons suffiront à subvenir aux besoins de sa famille.

L’Américain demande alors :  » Mais que faites-vous le reste du temps? « 

 » Je fais la grasse matinée, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme. Le soir, je vais au village voir mes amis. Nous buvons du vin et jouons de la guitare. J’ai une vie bien remplie « .

L’Américain l’interrompt :  » J’ai un MBA de l’université de Harvard et je peux vous aider. Vous devriez commencer par pêcher plus longtemps. Avec les bénéfices dégagés, vous pourriez acheter un plus gros bateau. Avec l’argent que vous rapporterait ce bateau, vous pourriez en acheter un deuxième et ainsi de suite jusqu’à ce que vous possédiez une flotte de chalutiers. Au lieu de vendre vos poissons à un intermédiaire, vous pourriez négocier directement avec l’usine, et même ouvrir votre propre usine. Vous pourriez alors quitter votre petit village pour Mexico City, Los Angeles, puis peut-être New York, d’où vous dirigeriez toutes vos affaires. « 

Le Mexicain demande alors :  » Combien de temps cela prendrait-il?  »  » 15 à 20 ans « , répond le banquier américain.  » Et après?  »  » Après, c’est là que ça devient intéressant « , répond l’Américain en riant.  » Quand le moment sera venu, vous pourrez introduire votre société en bourse et vous gagnerez des millions « .  » Des millions? Mais après?  »  » Après, vous pourrez prendre votre retraite, habiter dans un petit village côtier, faire la grasse matinée, jouer avec vos petits-enfants, pêcher un peu, faire la sieste avec votre femme et passer vos soirées à boire et à jouer de la guitare avec vos amis. « 

2) L’euphorie hormonale : l’être humain est à la base bien constitué. Pour répondre a des stress ou demandes d’adaptation, le corps et l’esprit ont des ressources qui datent de nos ancêtre primates.

Il s’agit de ressources pour faire face à un danger, une situation d’urgence : les réflexes nerveux sont aiguisés, la vigilance augmente, le rythme cardiaque accélère, l’oxygène apportée au muscles augmente pour préparer les muscles à l’effort.

Mais les stress de l’homme moderne ne répondent pas aux critères de ceux vécu par le primate : ils ne constituent pas des agressions réelles et ponctuelles. Les demandes d’adaptation appartiennent aujourd’hui au domaine psychologique (c’est par exemple la peur de perdre son emploi qui a fait place à la bataille avec un prédateur pour la survie) et de nature chronique (l’agression n’est plus courte et circonscrite mais constante).

Aidé donc par le flot d’hormone (adrénaline, bêta-endorphine) généré pour s’adapter au stress, le sujet se sent bien, voire euphorique : alerte, plein d’enthousiasme, créatif… Pendant un certain temps, la personne a effectivement l’impression de fonctionner à plein régime. Au même titre que pour le dopage ou l’alcool, il peut même y avoir intoxication ou assuétude.

Mais de la même manière, l’état est artificiel, non-conscientisé : la personne ne se rend pas compte de ses excès et des conséquences qui vont être générées.

Dans cette deuxième phase, les manifestations pourront alors être de cette ordre :

– Comportement agité – Hyperactivité – Maniaquerie – Actes rapides accomplis sous pression – Irritabilité, impatience, éclairs de colère – Narcissisme, égocentrisme

3) La machine se détraque : les réserves destinées à un effort court, s’épuisent. Mais le sujet continue quand même, boosté par ses hormones, il ne remarque pas les signes envoyés par le corps et l’esprit dans le sens d’un besoin de repos et de régénération. La machine se détraque donc, des erreurs se produisent.

L’énergie baisse, la personne perd ses facultés : – Prédisposition aux accident, maladresse. – Erreurs de jugement et mauvaises décisions. – Multiplication des fautes. – Problèmes de mémoire Lapsus, manifestations dyslexiques. – Problèmes de compréhension (entre autres des plaisanteries). – Mouvements d’humeur, d’impatience. – Gaffes dans le domaine inter-personnel.

4) La révolte du corps : bouleversé par les exigences de la vie, le sujet continue malgré les différentes manifestation du dérèglement qu’il est en train de vivre. Ses réserves s’épuisent, c’est la porte ouverte à différentes troubles et pathologies, dont la fibromyalgie.

J. Boutillier

– Enseignant à l’Institut Normand de Coaching et de thérapie brève

– Auteur du programme d’auto-traitement Fibromyalgie et fatigue chronique

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