Maternité – Préparation à l’accouchement

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J. Boutillier, thérapeute et coach

– Enseignant à l’Institut Normand de Coaching et de thérapies brèves

– Auteur du Préparation à la maternité

Grossesse et accouchement sont des éléments centraux de la vie d’une femme, d’un couple ou d’une famille. Installé entre thérapie et coaching, les techniques d’accompagnement à la maternité apportent une aide utile à cette période et ce moment importants.

Quelques notions :


Respiration



1) Respiration abdominale ou ventrale, respiration complête.

Un des buts de l’accompagnement à la maternité et plus précisément à l’accouchement est de développer les compétences respiratoires de la future maman.

La respiration complête, lente et profonde (appelée éagelemnt respiration des trois étages) correspond naturellement aux besoins de l’accouchement ou du moins à une bonne partie de celui-ci :

– Elle facilite un bon renouvellement et ainsi une bonne élimination du gaz carbonique, évitant un phénomène nommé acidose, souffrance foetale.

– Elle nourrit le travail long et intense de l’utérus, approte l’oxygène nécessaire.

On peut donc d’ailleurs en fonction de ces arguments s’étonner de techniques qui visent à la rétention d’air.

pubmatRespiration ventrale?  
Le terme «  »respiration ventrale surprend parfois. On ne respire pas par le ventre, mais en libérant le ventre, on permet au diaphragme de descendre et aux poumons de se remplir.

Pour respirer, il faut des muscles. Le diaphragme est le muscle le plus important de la fonction respiratoire. Dans une respiration libérée, le diaphragme s’abaisse à l’inspiration et monte à l’expiration. Il assure une respiration ample et abdominale.

Dans les respirations superficielles, irrégulières, arythmiques, le diaphragme est souvent bloqué. Des tensions musculaires contrarient la liberté du souffle, ce qui impose à l’individu un surcroît d’effort.

En lui redonnant sa mobilité, on accroît la ventilation pulmonaire, on masse le plexus solaire, on tonifie la région abdominale.

Respiration complête, totale (respiration des trois étages) : :
respiration totaleLa respiration complête utilise toutes les ressources respiratoires de l’individu. On commence par le ventre puis on ouvre la cage thoracique jusqu’aux épaules : le mouvement suit donc le trajet : ventre – thorax – épaules (sous-claviculaire). On parle également de respiration dorsale, car inévitablement, la respiration complête se ressent également dans la régoin du dos. C’est en fait tout un être qui respire.

Complète, la respiration procure une relaxation profonde et tonifie l’organisme. En respirant amplement, on détend les muscles intercostaux et on libère la cage thoracique, crispations souvent liées à la peur, la timidité, la rigidité morale, …  Une respiration complète, équilibrée et stable (enracinement), permet la prise de conscience de l’individu dans sa globalité.

2) Outil de détente, de gestion émotionnelle.
En dehors de l’apport en oxygène et dans le cadre de l’accouchement, le développement des compétences respiratoires présente d’autres atouts :

– La respiration est la seule fonction vitale dépendante du système neuro-végétatif que l’homme puisse maîtriser. Participant à la régulation du système nerveux, de la circulation sanguine, la fonction respiratoire est bien entendu capitale d’un point de vue physiologique. Elle constitue une voix d’accès vers un corps qui s’emballe et un outil de détente.

– D’un point de vue psychologique, la relation entre respiration et état émotionnel n’est plus à prouver. Mais, dans le cadre de l’anxiété et de la gestion émotionnelle, l’important est de constater que cette relation est bilatérale :

respiration et emotion 
La vie psychique influe sur la respiration
La respiration influe sur la vie psychique
 

En plus d’un contrôle tensionnel, physiologique, le contrôle respiratoire permet donc également un contrôle émotionnel, outil de gestion du stress utile dans le cadre de l’accouchement.

3) Respiration et naissance
L’accouchement va se diviser en plusieurs phases :

– Phase de travail : c’est la période d’effacement et de dilatation du col de l’utérus. La respiration sera abdominale, lente et ample. Si les contractions ne sont pas de bonne qualité ou insuffisantes, l’expiration doit être forcée en contractant les abdominaux, pour exciter le fond utérin. Entre chaque contaction, relâchement, respiration ample et lente…

– Juste avant la naissance : la maman peut avoir envie de pousser alors que le moment n’est pas venu, c’est à dire qu’effacement et dilatation ne sont pas complets. La respiration ample et lente est là encore un bon outil pour resister à cette envie, sans arrêt respiratoire entre expiration et inspiration (et inversement), arrêt qui pourrit induire une contraction réflexe.

– La naissance/expulsion : muscles abdominaux et utérins collaborent pour l’expulsion de l’enfant. Là la respiration se modifie, inspiration, puis expiration lente et forcée (contraction maximale des muscles abdominaux, serrement, pincement des levres pour limiter l’expiration), puis inspiration très rapide (car l’enfant pendant cette phase est « aspiré » vers le ventre de la maman puis expiration lente et forcée etc…

– La naissance proprement dite : retour à la respiration naturelle, lente et ample

 

 

 


Relaxation 



1) Définition – La relaxation : recherche d’un état naturel 

Lorsqu’on évoque la relaxation, on pense volontiers à une activité de salon plus ou moins ésotérique, sorte de ramollissement somnolent. Il n’en est rien. Etymologiquement «Relaxer» signifie «re-libérer», à l’image du prisonnier qu’on relaxe. Il s’agit ici de libérer des ressources et énergies nouvelles, présentes en chacun de nous.

Le relâchement, tout comme la tension sont des états naturels.

Chaque fibre musculaire a deux possibilités : se contracter ou se relâcher.

Pratiquer la relaxation, c’est guider corps et esprit vers la redécouverte de cet état physiologique inscrit dans la mémoire cellulaire.

Se relaxer n’est donc pas un phénomène artificiel ou extérieur. Il s’agit de retrouver et de libérer des compétences perverties par l’histoire de l’individu : la relaxation existe en nous de manière naturelle. En plus de développer des compétences, des outils de relâchement contrôlés, se relaxer, c’est donc aussi progresser dans la connaissance de soi-même.

 

2) Dialogue tonique

Tonus musculaire 
La physiologie de l’individu présente deux types de muscles :

– Muscles lisses (ou muscles blancs) : leur contraction est autonome, involontaire ou soumise au système nerveux végétatif.

– Muscles striés (ou muscles rouges ou muscles squelettiques) : unissant les os, ils permettent la mobilité du sujet. La contraction de ces muscles est volontaire, soumise au contrôle cérébral. Ce sont les muscles striés, muscles volontaires, qui nous intéressent ici. Ces muscles sont maintenus dans un état de contraction partiel mais permanent : le tonus musculaire, qui permet par exemple de maintenir le corps dans une situation donnée. Ce seuil minimal de contraction est bien entendu variable selon l’individu.

pubmatRégulation    
Les chocs, émotions agissent sur la fonction tonique du muscle, d’où l’importance de l’apprentissage de sa régulation en relaxation. Selon ses capacités, le sujet répondra de deux manières à une agression :

– Dérèglement du tonus musculaire : agressé, le sujet se contracte exagérément. Cette dépense d’énergie ne lui permet pas d’agir correctement pour résoudre le problème. D’autres sollicitations surgissent. N’ayant pas retrouvé tout son tonus musculaire, cette nouvelle agression est encore plus mal vécue que la précédente… La tension devient chronique.

 – Régulation du tonus musculaire : le tonus musculaire est plus bas. L’agression ne crée pas ou pu de tensions. Le sujet peut réagir, avoir accès à ses ressources puis retrouver rapidement et aisément son état de départ.

Fonction et dialogue tonique
La fonction tonique est au centre de la vie de chaque individu.  Dans sa relation avec lui-même, mais aussi avec son environnement.  Dans le cadre de l’accouchement, la compétence consciente de ce dialogue tonique est importante. Un dialogue autant physiologique et psychologique, qui permet à la femme de contrôler son degré de stimulation, de n’utiliser que les tensions nécessaires pour laissr aller ce qui n’est pas utile à l’accouchement. Cette gestion tensionnelle diminue les tensions de la naissance mais aussi par voie de conséquence, accélère la récupération après accouchement

 

 


Hypnose, sophrologie


Cette partie se consacre à la sophrologie dans le cadre de la préparation à la maternité et à l’accouchement lui-même. Les outils présentés sont sophrologiques, mais la plupart peuvent être rencontrés en hypnose ericksonienne.

1) Schéma corporel
La prise de conscience du schéma corporel en tant que réalité vécue est élément important et de la sophrologie et de l’accompagnement à la maternité.

Perception et évolution : les exercices de sophrologie permettent une prise de conscience du corps, ici et maintenant, ce qui en matière de grossesse et de modification de l’image, apporte nécessairement. La grossesse et conscientée, vécue corporellement, ressentie intérieurement, représentée extérieurement. De même, sentir le bébé, établir un contact corporel et intime est évidemment également fondateur de la relation maternelle.

Perception plus précise : lors des exercices de préparation à l’accouchement, on développe également chez la maman la perception de la région du périnée, des zones participant à l’accouchement, pour développer compréhension et capacités de relâchement mais aussi dans le but d’une analgésie de cette zone abordée un peu plus loin. Pour contrôler une partie de son corps ou induire des sensations dans celle-ci, il faut tout d’abord en avoir pris conscience.

2) Imagination et futurisation 
L’imagination est « la capacité de se représenter des objets, phénomènes ou événements absents ». Dans le cadre de la préparation à l’accouchement, l’imagination est le germe du futur, un outil puissant de projection, de préparation. Elle ouvre le chemin de voies nouvelles.

L’imagination, la visualisation d’un projet représentent le premier pas, essentiel, de sa réalisation. L’objectif et sa réalisation « prennent corps ».

Acceptation progressive  (terme sophrologique, technique utilisée également en hypnose) .
Il s’agit de vivre, en état de relaxation et/ou hypnotique et par l’intermédiaire de l’imagination, une situation, un événement à venir sous un angle positif et dans ses moindres détails. Une répétition générale en quelque sorte.

La visualisation, la projection dans une situation anticipée apporte de nombreux atouts, autant d’un point de vue psychologique (habituation, positivisme) que d’un point de vue psycho-moteur (apprentissage conscient et inconscient) ou technique (developpement des automatismes, des différentes compétences).

La visualisation présente des avantages non-négligeables : développement des repère spatiaux, temporels mais aussi maturation psycho-corporelle : le système nerveux ne fait pas la différence entre réel et imaginé. Visualiser, c’est donc se donner un moyen de répétition supplémentaire, de préparation et tensionnelle, et psychique. Il est bien entendu que lorsqu’il est question ici de visualisation, il ne s’agit pas exclusivement ou nécessairement d’images, chacun  vivant la projection selon ses propres canaux de perception (visuels, auditifs, kinesthésiques).

3) Analgésie

Utilisée de plus en plus couramment, l’analgésie sophrologique et/ou hypnotique est également un outil utile. En pratiquant, la maman développe ses capacités à analgésier la zone concernée par l’accouchement, provoquant ainsi une nouvelle ressource de confort. Ce qui ne signifie pas aneesthésier ou insensibiliser complêtement, mais établir un contrôle naturel sur les sensations désagréables ou douloureuses.

Jérôme Boutillier
Thérapeute et coach
Enseignant à l
Institut Normand de Coaching et de Thérapies Brèves

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